La nouvelle vient de tomber, MegaUpload est fermé officiellement depuis ce soir 19/01/12. Des articles apparaissent partout pour défendre ou dénoncer cette décision venant des Etats-Unis. Des camps se sont crée un peu partout. Certains défendent cette décision en précisant qu’il s’ agissait de piratage pur et simple, d’autres regrettent ce site qui leur permettait de télécharger des films (entre autres), sans avoir à payer, d’autres dénoncent le début de la fin de la liberté d’expression. La frontière qui sépare ces trois camps est fine. Alors, justice ou liberté d’expression en danger ? Pour commencer, quelques précisions. 

MegaUpload (MU) était un site web proposant un service d’hébergement de fichiers en un clic. Le site était basé à Hong Kong, et possédait des serveurs aux États-Unis, aux Pays-Bas et au Canada. Il permettait à un internaute de mettre en ligne n’importe quel type de fichier dans la limite de 1 Go pour les utilisateurs libres, et sans limite pour les utilisateurs premium. Le fichier était alors disponible à n’importe quel internaute au moyen d’un lien qui est attribué au fichier. En peu de mots, un moyen simple de stocker des fichiers en ligne et les partager. Bien entendu, l’ utilisation fut toute autre mais pas par tous les utilisateurs. 

Pendant qu’une partie des utilisateurs a transformé ce site en base d’activités pirates, une autre partie des utilisateurs ayant payé pour avoir le compte Premium (service payant), l’ utilisait pour stocker simplement des fichiers de musique ou des images qu’ ils partageaient avec leur entourage dans un cadre professionnel ou autre, ce qui était le but du site au départ. Un exemple est celui d’ un groupe de musique qui utilisait le réseau MegaUpload pour partager entre ses musiciens, des enregistrements de certaines idées du bassiste ou du chanteur pour une nouvelle composition. Un autre exemple est celui d’ un cameraman qui envoyait les fichiers contenant des images filmés à celui qui s’ occupait du montage vidéo. Ce ne sont que quelques exemples parmi de centaines d’ autres. Ce site n’ était pas un site pirate comme on nous balance partout. Ce n’ est qu’ une partie des utilisateurs qui l’ utilisait comme tel. Il y avait une masse importante de personnes qui téléchargeaient des fichiers pirates et nous avons tous des exemples dans notre entourage, certes,  mais combien d’ entre nous connaissent des personnes qui mettaient ces fichiers pirates en ligne ? Bref, peu importe nos opinions sur le sujet, que nous soyons pour ou contre le piratage (un article qui défend le point de vue d’un pirate, pas facile à contredire), une petite réflexion sur le sujet s’impose, vu l’ampleur de l’évènement.

Premièrement, comment est il possible qu’une série d’artistes posaient pour la publicité de MegaUpload ? Est-ce le “syndrome de Stockholm” ? N’ étaient ils pas au courant que la société pour laquelle ils faisaient la publicité, était en train de pirater leur travail en même temps ? Que penseriez vous si je vous disais “Si vous cherchez un cambrioleur pour vider votre maison, je vous propose celui qui est en train de vider la mienne. Son véhicule est si grand, qu’ il peut tout prendre en un seul trajet et en plus, il est plus rapide que tout les autres”??? 

Deuxièmement, quel est cette loi qui permet, suite à une décision d’un tribunal américain, de fermer un site qui se situe dans plusieurs pays différents et arrêter les principaux “coupables” qui se trouvaient en Allemagne, en Slovaquie, en Estonie, en Turquie, aux Pays-Bas, à Hong Kong et en Nouvelle Zélande ? Un point ou il est absolument nécessaire d’apporter plus de lumière car c’est un danger réel pour la liberté d’expression mais pas seulement. N’oublions pas le “Patriot Act” qui a évolué vers le fameux NDAA et tous les abus que ça a pu engendrer par le gouvernement des Etats-Unis à une échelle nationale. Et si ?… hmmm!

Troisièmement, il ne faut pas tomber dans le piège du faux débat sur le piratage car clairement, la question n’est pas là. La preuve, notre cher président utilise cet évènement pour promouvoir HADOPI 3, une loi qui dépasse largement les frontières du piratage et piétine la liberté d’expression qui domine sur internet pour le moment. Les mesures légales prises pour la fermeture de MegaUpload démontrent l’inutilité des lois comme SOPA et PIPA, ou encore HADOPI, simplement cars ils existent déjà suffisamment de lois qui protègent la propriété intellectuelle et ils sont efficaces, sans déborder sur la limite de la liberté d’expression (et encore…). 

Que nous soyons pour ou contre le piratage, la question n est clairement pas là. Il s’agit ici d’un évènement qui pourrait être largement utilisé, tout en utilisant le débat du piratage, de promouvoir des lois qui limiteraient la liberté d’expression, la seule qui nous reste, celle de l’internet. Soyez attentifs et gardez un esprit critique.