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Par Emmanuel Berretta

Les équipes du Petit Journal de Yann Barthès ont détecté ce que les responsables de TF1 n’ont pas vu. Dans l’émission Appels d’urgence, présentée par Carole Rousseau, d’étranges images américaines sont venues “gonfler” un sujet français sur la délinquance. Le thème de l’émission avait de quoi faire frissonner cette France qui a peur, chère à Roger Gicquel : “Vols, agressions : brigade d’élite contre les jeunes”. Le reportage, ainsi que le montreLe Petit Journal, était censé suivre le quotidien des policiers du SIT (Service d’investigation transversal), mais, pour rendre l’affaire plus “sexy”, deux séquences y ont été glissées : dans l’une, il s’agit de l’agression d’un sans-abri commise à Washington en 2005 et dans l’autre on y voit une personne se faire agresser dans un ascenseur, à Brooklyn, en 2008.

Contactée par Le Point.fr, TF1, qui présente ses excuses aux téléspectateurs, affirme être tombée des nues en découvrant le sujet de Yann Barthès. “C’est regrettable, déplore la direction de la communication de l’information. Nous avons demandé des explications à la société de production qui nous a vendu ce sujet. C’est bien entendu inacceptable et, si nous avions pu déceler l’origine de ses images avant diffusion, nous aurions évidemment précisé leur origine.”

TF1 rejette la faute sur le producteur

L’affaire devient cocasse, car la société de production en question, TV Presse, est une filiale de Fremantle, un groupe de production cousin de… M6 ! Les deux sociétés ont la même maison mère. Or, parmi les responsables de TV presse, on retrouve Jacques Aragones, bien connu des dirigeants de TF1. Cet ancien directeur des magazines d’enquête de TF1 a oeuvré de longues années pour Le Droit de savoir avec Charles Villeneuve. On tourne en rond ! Joint au téléphone, TV Presse baisse le rideau de fer, mais précise que le sujet litigieux a été “coproduit” par TF1. Comprendre par là qu’il n’a pas seulement été acheté par la chaîne…

Ce dérapage est un classique du genre. Le dernier bidonnage attribué à TF1 remonte au 23 juin dernier : à l’époque, dans le journal de 13 heures, un reportage sur le contrat de responsabilité parentale mettait en scène un faux témoin, en l’occurrence l’attachée de presse d’un député ! Une intervenante facilement identifiable compte tenu de ses fonctions. Le sujet avait, là aussi, été acheté à une société extérieure. TF1 avait écopé d’une mise en demeure pour un manquement à son exigence d’honnêteté dans le traitement de l’information. Ce qui signifie que le CSA, cette fois, devrait, en principe, monter en gamme dans son échelle de sanctions. L’instance de régulation a été alertée dès le lendemain. Le dossier “Appels d’urgence” est à l’étude dans le groupe de travail “déontologie”.

Le CSA dispose de plusieurs types de sanctions : l’amende assortie éventuellement d’une suspension de programme, la réduction de la durée de l’autorisation d’émettre dans la limite d’une année jusqu’à l’arme fatale – assez théorique – du retrait de l’autorisation d’émettre. 

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